Vers l´accueil...
· Naissance du monastère

· L´essor et la gloire
        Les raisons de la gloire
        Les artisans de la gloire
        De Cluny I à Cluny III
        L´architecture de Cluny

· La vie au monastère

· Le déclin
        Les problèmes financiers
        La crise du pouvoir
        Les deux observances de la règle

· Cluny prestigieuse jusqu´à la fin

· Le legs de la Révolution et l´Empire







Naissance du monastère


En septembre 910, Guillaume III (dit le Pieux), duc d´Aquitaine, soucieux d´assurer le salut de son âme décide de faire don d´une de ses terres aux Apôtres Pierre et Paul afin d´y fonder un monastère où vivront des moines d´après la Règle de Saint Benoît. C´est à l´abbé Bernon, un moine bénédictin de l´abbaye de Baume-les-Messieurs, dans le Jura, que revient la tâche d´édifier ce monastère . Avec six moines de son monastère de Baume et six autres moines de son monastère de Gigny, il édifie un premier monastère au fond d´une vallée couverte de forêts, la vallée de Cluny ou "vallée Noire", ancienne résidence de chasse du duc.
C´est dans ce contexte que s´organise Cluny. Le monastère est administré par un abbé élu entouré par la communauté. L´obéissance, la charité, le silence constituent les vertus essentielles pour parvenir à Dieu, l´office divin en sera l´activité essentielle.
A la fin de l´abbatiat de Bernon, l´abbaye dispose, pour répondre aux exigences de la règle, de tous les bâtiments nécessaires à la vie monastique : dortoirs, réfectoire, bibliothèque, cloître, salle du chapitre et des divers bâtiments nécessaires à la vie matérielle de la communauté, sans oublier l´église et les chapelles. Un cloître et un noviciat indépendants sont réservés aux jeunes profès, car Cluny exige de ses monastères et de ceux qui lui sont rattachés l´obligation de former les novices dans la maison-mère même.
A la modestie des débuts succédera très vite un prodigieux développement. La situation du monachisme occidental est alors peu brillante. Cependant la réforme entreprise par Benoît d´Aniane en 817 vise à juguler la décadence religieuse qui s´était développée durant le IXe siècle. La création de nouvelles abbayes était donc devenue nécessaire.


L´essor et la gloire


Les raisons de la gloire

C´est en grande partie à ses statuts que le monastère doit son essor. Ne dépendant que de la seule autorité pontificale, ainsi que le stipule la charte de donation, l´abbaye sera libérée du joug des rois et des évêques, au delà de la maison mère, ce sont toutes les dépendances de Cluny qui profiteront de ces avantages.
L´abbé, élu par la communauté évite ainsi l´immixtion des seigneurs et des rois dans les affaires de la communauté, a envers ses moines, avec le pouvoir suprême de décision, le devoir d´aide et de conseil. Il occupe une place à part ; respecté, il possède des privilèges distinctifs ; mais dort et mange néanmoins en leur compagnie. Il bénéficie de privilèges honorifiques accordés par le Saint Siège : la crosse, l´anneau, les sandales et les gants au même titre que les évêques, ou, pour ces derniers, les rois.


Les artisans de la gloire

Cluny doit sa grandeur à la personnalité et à la longévité de ses premiers abbés.
A la mort de Bernon, en 926, Odon monte à son tour sur le trône abbatial. Très populaire, il est à l´origine de l´accroissement foncier du monastère comme du nombre grandissant de ses moines. On retiendra de son abbatiat qu´il obtint le droit de battre monnaie, qu´il créa la bibliothèque de l´abbaye et qu´il fit ouvrir des écoles. Il meurt en 942.
Aymard poursuivra cette œuvre jusqu´en 948. Peu de temps avant sa mort, en 965, il fera élire son successeur, le futur Saint Mayeul.
Ancien archidiacre de l´église de Mâcon, Mayeul développera le rôle politique de l´Ordre. Son influence sur les puissants de son époque lui valut le titre d´arbitre des rois. En 973, il déclina l´honneur d´être pape. En 40 ans d´abbatiat, il accrût le nombre d´abbayes dépendantes et contribue au prestige intellectuel de Cluny. Hugues Capet prendra ses funérailles en charge en 994 et le culte de Saint Mayeul sera longtemps l´un des plus populaires de France. Son successeur, Odilon, en dira : "...il était vraiment le prince de la religion monastique."
Odilon sera le père de "l´empire de Cluny". Avec l´appui du pape, il étend l´Ordre au delà des Pyrénées et du Rhin. On lui attribue la guérison d´un aveugle qui recouvrit la vue, le changement de l´eau en vin, la transformation de miettes de pain en perles, etc., miracles qui suscitèrent de nombreuses vocations et valurent à l´abbaye une profusion de dons. Il est l´instigateur de la Trêve de Dieu et de la fête des morts au lendemain de la fête de la Toussaint le 2 novembre. Sa grande charité l´amena à vendre une partie du trésor de l´Ordre afin de secourir les pauvres. Il refusera en 1031 l´archevêché de Lyon. Sa pensée théologique prit, à Cluny, une importance particulière encore ressentie longtemps après sa mort, qui subvint en 1049.
C´est ainsi que, le prestige de Saint Odilon préparera celui de son successeur, Hugues de Semur. L´Ordre étendu sous son impulsion à l´Espagne, à l´Italie et à l´Angleterre, continuera son expansion en France. L´abbé Hugues jouera un rôle de première importance dans la "Querelle des Investitures" qui opposait depuis longtemps la papauté à l´empire germanique. Malgré l´ordre de Jean XIX, il refusa de participer au Conseil que voulait réunir Urbain II à cet effet. A la fin de son abbatiat, en 1109, il laisse un Ordre clunisien fort de 10 000 moines répartis dans le monde occidental.
Pons de Melgueil sera son successeur. Ses treize années d´abbatiat ne faisant qu´aggraver la situation financière de l´Ordre, un grave conflit avec ses moines le contraindra finalement à abandonner sa charge.
Hugues II de Semur ne lui succédera que d´avril à juillet 1122.
Au mois d´août 1122, Pierre-Maurice de Montboissier accède à son tour à l´abbatiat. Ses 34 années de gouvernement seront mouvementées. Lors d´une de ses absences, en 1125, Pons de Melgueil revenu de Terre Sainte où il s´était exilé force les portes de l´abbaye où il se réinstalle. Des violences s´ensuivent au sein de la communauté : l´effondrement d´une voûte de la grande église est interprété comme un signe du ciel et Pons, excommunié par le pape Honorius II, est emprisonné à Rome où il meurt en 1126. C´est à la vindicte de l´Ordre rival de Cîteaux fondé par Bernard de Clairvaux que, dans le même temps, Pierre le Vénérable devra s´opposer. A la fin de ses jours, en 1156, l´Ordre de Cluny est à son apogée : il n´aura fallu que deux cents cinquante ans pour donner à Cluny cette influence et cette dimension elles-mêmes annonciatrices d´un long et irrémédiable déclin.


De Cluny I à Cluny III

Quand Bernon s´installe et fait construire en 910 les premiers bâtiments (Cluny I), le monastère édifié pour une douzaine de moines est de petite taille. Les dimensions de la première église sont modestes ; ce sont celles d´une église de village.
Dès l´abbatiat de Mayeul, l´extension de la communauté est telle qu´il devient nécessaire d´envisager une vaste campagne de travaux. Cette entreprise débute en 955 et comprend la construction de l´église, Cluny II, prévue pour cent moines et qui sera consacrée en 981, est déjà aux dimensions d´une grande église.
Mais l´essor de l´Ordre appelle à construire encore plus grand. En 1077, Hugues de Semur entreprendra une première tranche de travaux qui aboutira à la rénovation et à la construction de l´hospice, d´écuries, de l´hôtellerie, du réfectoire, du chauffoir, de l´infirmerie et de la chapelle de la Vierge dédiée qui sera en 1085. Dans un deuxième temps, en 1088, il décidera la mise en chantier de ce qui sera la plus grande église de la chrétienté : l´église abbatiale Cluny III, dont le pape Urbain II (ancien prieur claustral de Cluny) consacre l´autel matutinal en 1095. En 1120, les moines prennent possession du chœur et le 25 octobre 1130, le pape Innocent II dédie l´église aux Apôtres Pierre et Paul. Deux ans plus tard on pourra voir se dérouler dans cet énorme édifice une procession de plus de mille moines de l´Ordre rassemblé en chapitre général.
Le monument ne sera cependant terminé qu´en 1230 avec le portail édifié entre les Barabans et l´on dit qu´à la construction du nouveau Saint Pierre de Rome, au XVe siècle, deux émissaires vinrent à Cluny relever les mesures de la grande église auxquelles ils ajoutèrent les quelques mètres nécessaires à la primauté de l´église de Rome.


L´architecture de Cluny

On ne sait presque rien de l´église de Cluny I dont il ne subsiste rien. Selon certaines théories, elle aurait servi de sacristie à Cluny II. Si la première était de forme rectangulaire précédée, à l´est, d´une tour carrée, nous connaissons mieux l´emplacement et la forme de la deuxième grâce aux divers documents qui nous sont parvenus ou à une importante partie de ses murs qui furent conservés jusqu´au XVIIIe siècle. Elle occupait l´emplacement du cloître actuel, et ne fut démolie qu´au fur et à mesure de la construction de l´église Cluny III, selon l´évolution du plan, moins le chœur qui servit de sacristie à la grande église jusqu´au XVIIIe siècle.
L´édification de la grande église abbatiale de Cluny III imposa à ses concepteurs un style et des techniques jusqu´alors jamais appliqués à une aussi grande échelle, notamment l´abandon de la voûte en plein cintre pour la voûte en arc brisé, la stabilité de l´ensemble, majestueux par ses dimensions et par son raffinement, était ainsi trouvée.
Terminée, l´église de Cluny III éclipsa ainsi celles qui la précédèrent. Sa structure générale, ses dimensions, la hauteur de ses voûtes en berceau, son formidable chevet à chapelles rayonnantes, tout était appelé à témoigner de l´incomparable puissance de l´Ordre. Sa surface intérieure était impressionnante : 141,73 m le long et 187,31 m de son chevet au portail édifié entre les Barabans, sur 65 m de large au niveau de son grand transept, et de 37 m pour le petit. Au clocher de la grande croisée, s´ajoutaient les trois tours octogonales des clochers latéraux. Une tour, plus modeste, s´élevait adossée au grand transept. Les onze travées de la nef en berceau brisé a doubleaux s´élevaient à 30 m de hauteur sur des portées atteignant 12 m. Elle était flanquée d´un double collatéral. De hautes fenêtres en plein cintre donnait à l´ensemble une harmonieuse clarté. Dans la voûte absidale du chœur un Christ en majesté était peint. Autour du déambulatoire se développaient cinq chapelles rayonnantes. A l´exception du narthex, cet ensemble exceptionnel fut bâti en moins d´un demi siècle, en quarante-deux années exactement.
C´est ce style qui, repris et développé, permettra au style ogival ou gothique de naître immédiatement après.


La vie au monastère


Nous l´avons vu, la vie du monastère était régie par la Règle de Saint Benoît qui commandait, entre autres, la pratique de l´office divin, de l´hospitalité et l´aumône.
Le principal contour de la règle originale, celle de Benoît de Nursie, tient en l´importance qu´accorda Cluny aux activités extérieures : l´instruction des enfants, l´étude et l´art. Bien qu´on ne puisse parler d´école clunisienne proprement dite, avec sa bibliothèque, ses écrivains et ses réalisations architecturales, Cluny prend cependant une place importante dans la civilisation et la culture de son temps.
La prière et l´office liturgique, qui prennent place importante dans la vie du moine, ne constituent cependant pas un frein à toute activité intellectuelle. C´est au XIIIe siècle que Cluny édifie un important collège à l´université de Paris, un autre à Avignon et à Dôle.
Les détracteurs de Cluny qui tentèrent d´imposer à l´Ordre leurs conceptions personnelles de la vie monastique ne purent jamais aboutir, ses abbés s´attachant toujours à défendre leur propre conception. Les nombreux exemples qui confortèrent les clunisiens dans leurs idées conservatrices assurèrent à l´Ordre une durée d´existence de prés de neuf siècles.
Les relations établies entre le Saint-Siège et Cluny, le médiateur des papes, resteront longtemps privilégiées. Ces deux exemples : la "Querelle des Investitures" et l´épisode Gélase II contraint de quitter Rome sous la pression de l´empereur Henri V et son antipape tendraient à le démontrer.
Deux papes sortirent de Cluny : Saint Grégoire VII et Urbain II. Le premier fut à l´origine du renforcement des pouvoirs du pape, de l´indépendance de l´église face aux la´ques, du célibat des prêtres. Le second poursuivit avec prudence la réforme grégorienne. C´est après un séjour dans son abbaye d´origine que le pape Urbain II prêche à Clermont-Ferrand, le 18 novembre 1095, la première croisade qui aboutira, en 1099, à la prise de Jérusalem par les Croisés.
Outre les relations privilégiées qu´il entretient avec le clergé, Cluny noue des liens solides avec la noblesse. En 1147, Louis VII, roi de France et le pape Eugène III se rencontrent à Cluny pour préparer la deuxième croisade. Henri, évêque de Winchester, frère du roi d´Angleterre, s´y réfugie pour échapper à la guerre de succession dans son pays. Plus tard, le pape Boniface VIII, le roi Philippe le Bel et ses deux fils, Charles VI et ses oncles goûteront à l´hospitalité de l´abbaye bourguignonne.
Mais la plus célèbre de toutes ces rencontres fut celle qui eut lieu à Cluny entre Innocent IV et Saint Louis en 1245. Elle marquera le monde jusqu´au XIXe siècle. Le fait sera relaté jusque dans l´Encyclopédie de Diderot et d´Alembert. Les deux personnages arrivent à Cluny avec leur cour et leur escorte. Le roi de France, Louis IX, cousin de l´abbé clunisien Guillaume III de Pontoise, est accompagné de sa mère Blanche de Castille, de son frère et de sa sœur, Pernette (qui sera inhumée plus tard dans la grande église). Il est escorté par cent sergents à cheval et cent autres à pied. L´empereur de Constantinople et le fils du roi d´Aragon sont également présents. Le pape quant à lui est accompagné de douze cardinaux, du patriarche d´Antioche et de celui de Constantinople, ainsi que des archevêques et évêques de Reims, Langres, Clermont, Soissons, Senlis, Evreux, Liège et Bethléem, sans compter un grand nombre d´abbés et de supérieurs d´Ordre. Les deux cours assistèrent à une messe prononcée par le pape et ses douze cardinaux, et tinrent de nombreuses réunions pour tenter de trouver des solutions aux diverses problèmes du moment.


Le déclin


Les problèmes financiers

Ils apparaissent dès le XIIe siècle. La population monastique importante compte plusieurs centaines de personnes qu´il faut nourrir, loger, vêtir et soigner. Les hôtes de marque, toujours nombreux, constituent une lourde charge. Une affluence accrue des pauvres que les moines ne peuvent rejeter, ajoute à la dépense. Bientôt les récoltes du monastère ne suffisent plus, il faut emprunter. Des marchands (entre autres ceux de Cluny) se portent garant des métaux précieux du monastère, les nobles prêtent de l´argent.
Mais, malgré les diverses tentatives de redressement des abbés, l´ordre s´endette. L´abbaye, lourdement taxée par le pape et le roi, les pillages de la guerre de Cent Ans et ceux des guerres de religion au XVIe siècle ne feront qu´aggraver la situation.


La crise du pouvoir

Jusqu´au XIIe siècle, les abbés sont élus par la communauté. A partir du XIIIe siècle, ils seront proposés aux suffrages des moines par le roi ou le pape pour être ensuite imposés sans recours. C´est à cette époque que Rome devient le véritable chef de l´empire clunisien. Le roi de France s´immisce de plus en plus fréquemment dans les affaires de l´Ordre et, avec la signature, en 1516, du concordat de Boulogne, il nomme évêques et abbés hormis à Cluny, qui parvient encore et parfois à faire agréer des abbés élus par la communauté, mais son autorité et son autonomie ne son plus reconnues.


Les deux observances de la règle

La règle est de plus en plus transgressée. Des mesures aptes à redresser une situation déliquescente sont nécessaires. La vie religieuse, la règle du silence, l´abstinence de viande en sont quelques exemples. Les moines disposent de chambres individuelles et refusent le dortoir. Une vie facile s´instaure.
Plusieurs abbés, dont Jean de Bourbon, tentent de restaurer la discipline. Une autre tentative de Jacques de Veny d´Arbouse, en 1621, ne fait que confirmer la scission de l´Ordre en deux directions : l´Etroite Observance, conservatrice, et l´Ancienne Observance, plus laxiste. Seule la première survivra jusqu´à la fin de l´Ordre.
Richelieu qui succède à Jacques de Veny d´Arbouse s´emploiera à rétablir une situation financière catastrophique et à faire réparer les bâtiments abbatiaux. Mazarin deviendra à son tour abbé de Cluny, en 1652. Dans une volonté de sauvetage, l´un et l´autre essaieront d´amalgamer Cluny à l´Ordre de Saint Maur créé par Richelieu mais cette ultime tentative échouera.


Cluny prestigieuse jusqu´à la fin


Sa gloire passée permettra à Cluny de garder un certain prestige. La liste des abbés est impressionnante. On n´y trouve presque exclusivement des nobles. Citons Hugues de Semur, Pierre-Maurice de Montboissier, Claude de Guise, Louis de Lorraine, Armand de Bourbon, Dominique de la Rochefoucauld, Richelieu, Mazarin... Les avantages financiers qui lui sont liés sont de taille : Mazarin recevra 57000 livres des revenus de Cluny, au deuxième rang derrière les 140000 livres que lui rapporte Saint-Denis.


Le legs de la Révolution et l´Empire


Les bâtiments conventuels que l´on peut voir aujourd´hui furent commencés vers 1750. Ils furent terminés avant 1789.
En 1790, la suppression des Ordres religieux expulsera les quartante et un moines qui composent encore la communauté. Deux d´entre eux continueront leur vie monastique, six autres seront guillotinés, le grand prieur mourra en déportation à l´île de Ré, quant aux autres, ils seront rendus à leur vie civile. Une dernière messe sera célébrée dans la grande église abbatiale le 25 octobre 1791 en présence des douze moines encore présents. Puis Cluny entra dans sa triste destinée.
L´abbaye, confisquée comme lieu national, est mise en vente aux enchères et sera estimée à 6 624 761 francs (dont 2 866 071 francs pour l´église seule). Malgré les efforts de la municipalité et de propositions d´utilisation du bâtiment à des fins industrielles, la vente aura lieu en 1797 pour la somme dérisoire de 60 000 francs. Le monastère est alors partagé en quatre lots. La grande église, convertie en un énorme chantier de récupération de matériaux, disparaîtra petit à petit sous les pioches des démolisseurs et sa destruction ne se terminera qu´en 1823, après divers échanges de dédommagement entre la municipalité et les acquéreurs.
Le 28 novembre 1800, le ministre de l´Intérieur, Chaptal, tentera d´en faire suspendre la démolition, mais en vain. Bonaparte lui-même, prié d´intervenir, ne fera rien.
A l´occupation mercantile et profanatrice de ces lieux succédera celle de la première de ces écoles qui les occuperont à leur tour, à partir de 1866.
Le ministre de l´Instruction Publique donnera son accord pour qu´une école d´enseignement secondaire spéciale s´y installe. Elle sera suivie, peu de temps après, d´une Ecole d´Ouvriers et de Contremaîtres qui sera elle-même transformée en Ecole Nationale d´Ingénieurs Arts et Métiers, aujourd´hui Ecole Nationale Supérieure d´Arts et Métiers, dans le creuset desquelles les générations passées, présentes et futures ont trouvé, trouvent et trouveront encore, chacune à sa mesure, un peu de cet esprit "clunisien" dont ces murs restent encore imprégnés de façon indélébile.


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